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Chambost-Longessaigne
Alain Kieffer![]() Vers la galerie 2, cliquez iciFormation céramique à Matière Contact à lyon. Autodidacte EXPOS Biennale de la céramique contemporaine à Villeurbanne. Biennale d’art contemporain, jeune création, à Albigny / Saone. Galerie Gérard CHOMARAT à Lyon. Festival de Banne, Art singulier, Ardèche. Maison de la terre à Dieulefit. Galerie Art pluriel à Lourmarin. Galerie Home-art en Bretagne. Espace KHAN, à Villefranche/ Saone. Galerie Art pluriel à Aix en provence. Epicerie d’art à Saint Priest en Jarez. Musée de Cliousclat, Drome. Thème : l’eau. Céramiques insolites à Pouligny dans la creuse Maison de la terre à Dieulefit. Thème : Nougaro. Printemps des singuliers à Pérouges, l’A.M.A.C. Résidence d’artiste à Pouligny. Thème : la condition ouvrière. Galerie Gérard CHOMARAT à Lyon. Galerie La Rage à Lyon Le cirque, expo collective à Praz sur Arly (74). Galerie Gérard CHOMARAT à Lyon. Galerie Saint Louis à Toulon. Festival international d’art singulier à Aubagne. Galerie Singul’art à Lyon. Musée d’Assier, expo personnelle à Feurs. Figuration critique à Lyon. Galerie Blanche à Falicon. Corps attitude, l’érotisme et l’art contemporain, à LYON. Organisateur et participant de l’exposition Céramiques insolites, parrainée par Artension magasine, à Saint Galmier (42) réunissant chaque année 16 céramistes hors du commun. ![]() PARUTIONS : « Les amis de F. OZENDA », septembre 2003. « La revue de la céramique et du verre », mars- avril 2007. « Corps attitude, la revue », numéro 1. ![]() ACQUISITIONS PUBLIQUES : Musée de la tuilerie de Pouligny à GUERET. Musée d’ASSIER à FEURS. I.U.T. de Saint ETIENNE. ![]() LA CRITIQUE : Les céramiques d’Alain Kieffer ne peuvent nous laisser indifférent… Le premier regard nous confronte à une composition dans laquelle on voit des personnages, des animaux connus, des objets définis. On peut en nommer les différentes parties avec des mots, un vocabulaire pris dans le langage courant. L’énoncé des différents termes est simple. Le chromatisme délicat accentue telle ou telle portion, c’est plaisant à regarder. Puis soudain, l’œil s’attarde et perçoit l’irréalité, la facétie, l’incongruité d’une situation, l’attention de l’artiste portée sur un détail. L’esprit se met en marche et commence à rechercher une signification, la pensée créatrice à l’origine de l’objet… La perception devient autre et se transforme en un discours personnel, l’œuvre nous interpelle. L’objet n’est plus un peu de terre colorée mais un facétieux, drolatique, poétique, porteur d’un message… Jeanine Rivais, journaliste, écrit que : « prenant le contre-pied de ce qui l’a ému, ou de ce qu’il vit, Alain Kieffer s’ingénie à donner une impression autre que celle véhiculée par l’idée de départ. De là, une façon bien a lui de quitter le « moment » anecdotique par le détournement de l’idée première… D’où là encore, une conjonction et humour parfois noir : fantaisie et sérieux, évidence et paradoxe… qui ont fait ensemble leur chemin ». Et c’est ainsi que la belle poule dressée sur ses ergots qui semble couver l’école placée au-dessus de son œuf bien calibré nous renvoie à d’autres pensées qui sont bien loin de celles du poulailler ordinaire… Alain Kieffer ne fait rien d’anodin, de « joli », ses constructions, ses sculptures, ses « muraux » sont autant de compositions réfléchies, travaillées, expressives, porteuse de sens. Les titres sont là pour nous guider, « inattendus jeux de mots, association d’idées, décalages par rapport à l’œuvre » comme le dit très joliment Jeanine Rivais. Cette exposition rassemble les dernières compositions d’Alain Kieffer qui sont sans conteste une conceptualisation d’une pensée poétique parfois incisive, très contemporaine. Le 16 janvier 2007 Anne-Colette WALTER, conservateur du musée de FEURS (42 ). LE MONDE ENTRE DEUX ZOOS d’Alain KIEFFER, céramiste. Lorsqu’un enfant de sept ans regarde passionnément le monde du silence du commandant Cousteau, il est facile de deviner qu’un jour, il sera océanographe. Et lorsque, devenu adulte, il se voit offrir de la terre, nul doute que depuis longtemps, la passion de sculpter le démange. Mais lorsque ses premières créations sont une série de poissons, alors la boucle est bouclée, et l’harmonie règne sans mélange, entre la personnalité de l’homme et de l’artiste ! Et quels poissons !! La faune sous-marine d’Alain Kieffer, autodidacte à l’imagination débridée, fut d’emblée bien étrange ! Car tous, bouche bée, avaient l’air de tenir de grands discours, comme dans ces émissions bavardes où chacun fait du bruit sans écouter les autres. Un monde arborant le même goût du paraître que chez les humains, nombre de ses poissons semblant être des zancles, avec leurs ventres tendus d’orgueil, leurs couleurs éclatantes, et leurs nageoires-antennes dressées au-dessus de leur tête. La même férocité, aussi, avec leurs peaux aux scrofules-fleurs vénéneuses, leurs dents tendues autour des lèvres écarlates, arrondie en un « O » de surprise ou d’indignation ! La même tendresse, d’autres fois, petites murènes aux visage d’enfants, aux grands yeux plein de sagesse !... Dans l’esprit de l’artiste, la comparaison entre le silence assourdissant de son aquarium et la médiatisation sur terre était si évidente, qu’il avait crée le médiaquarium pour loger ce qu’il avait défini comme son monde entre deux zoos ! Dans cette démarche où l’adéquation entre le poisson « réel » et l’Homme sous-entendu, allait jusqu’au bout de la logique telle une métaphore de fabuliste, Alain Kieffer, sentant qu’il serait contradictoire de n’accepter que l’absolue perfection, faisait siennes les erreurs, les irrégularités de cuisson ou d’émail, les bulles soulevant la peau ou au contraire éclatant à la surface… Chaque défaut fut pour lui, dès l’origine, l’occasion de le retravailler, le maîtriser, l’approfondir et exploiter sa singularité, l’harmoniser avec l’ensemble, éventuellement modifier grâce à lui, le dit de la sculpture : que chaque ride, chaque maladresse devienne en somme créative, renforce l’unicité de l’œuvre, subséquemment corrobore la ressemblance de l’animal à l’Homme imparfait. Finalement, les stupéfiants poissons d’Alain Kieffer avaient tous une attitude, un regard, quelque chose d’extrême qui les rendaient presque humains, ce qui lui faisait dire avec humour : « (dans ma sculpture) se confrontent le poisson d’eau tiède et l’aspect sexuel des parties de poulpe en l’air… Il y a là tout un travail au terme duquel je me sens profondément poisson ». Mais un artiste peut-il indéfiniment explorer les mêmes profondeurs, fussent-elles sous marines ? Comme tout créateur de talent, Alain Kieffer sen est allé vers de nouvelles « rencontres ». D’autant que la venue de ses enfants l’a entraîné vers un autre univers fabuleux, celui du conte ; dans le même temps où l’âge aidant, il renforçait sa conscience qu’autour de lui, le monde ne tournait peut-être pas très rond. D’où là encore, une conjonction et humour parfois noir ; fantaisie et sérieux, évidence et paradoxe… qui ont fait ensemble leur chemin. Désormais, le spectateur n’imagine plus dans l’eau des poissons suspendus dans l’espace. Mais il lui faut situer au gré de sa fantaisie des personnages eux aussi porteurs de « messages », mais toujours agissant en des lieus géographiquement et temporellement indéfinis. Et, prenant le contre-pied de ce qui l’a ému, ou de ce qu’il vit, Alain Kieffer s’ingénie à donner une impression autre que celle véhiculée par l’idée de départ. De là, une façon bien à lui de quitter le « moment » anecdotique par le détournement de l’idée première : ainsi, lorsque le gentil Monsieur Loyal harangue le public du Kikicircus, il ouvre si grand la bouche que tous les animaux, du phoque à l’éléphant y sont engloutis ! Lorsqu’un individu sculpte un ex-voto parce qu’il a été sauvé en tombant de son balcon, il est en fait aussi grand que la maison est haute : alors la vierge qui est sur le toit, l’air hilare au milieu des nuages, le regardant tomber, sert-elle à quelque chose ? Lorsque, féru d’art populaire, Alain Kieffer réalise une croix de marinier, la symbolique qu’il introduit est fidèle jusqu’au dernier clou, mais la réalisation prend vite des allures d’anathème : le Christ s’étant affaissé, sa couronne est restée fixée à la croix, et les mains aux ongles grossiers qui se tendent hors de l’eau vers lui, confirment qu’en fait, cette croix est un remerciement « pour les gens qui n’ont pas été sauvés »*. Il faudrait multiplier à l’infini les exemples, d’Ikéhom où le tronc du personnage blotti dans sa jolie maison faite par lui-même, est à moitié disparu, suggérant que celle-ci, peu à peu, l’engloutit ; jusqu’à la femme au corps idéal, mais à la tête de prédateur ; ou le chanteur bel canto au visage criblé de chenilles, etc. Tout cela dans de belles couleurs douces, pastel et roses ! L’air de raconter une jolie histoire ! L’art de glisser une main de fer dans un gant de velours ! D’autant que la démarche d’Alain Kieffer est également littéraire : Peaufinant longuement son « histoire » à l’aide de multiples dessins préalables à la sculpture, il expurge peu à peu tout ce qui serait susceptible de le tracasser, le détourner de son propos… Pour en venir au terreau de sa création, ses titres, à la limite de l’incisif et du flou, par le truchement desquels, il peut encore mieux dénoncer le dérisoire, véhiculer l’ironie grâce à d’inattendus jeux de mots, associations d’idées, décalages par rapport à l’œuvre… Ainsi, entre sculpture et écriture, permet-il au spectateur de « se faire une opinion » parfois très éloignée de ce que lui, à voulu exprimer : mais n’est-ce pas le propre de l’œuvre d’art, d’être appréciée en toute subjectivité ? Jeanine Rivais *Alain Kieffer Vers la galerie 2, cliquez iciretour page Artisanat |
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