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La Mairie

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Roman écrit par les enfants de l'école primaire du village

 
 
 1
Un enquêteur à Panissières
En ce soir du 21 mai, Hector Poulana venait à Panissières comme s’il voulait y passer ses vacances. Il avait une petite maison juste à côté de l'élevage de Jennifer.
Il portait un pull bleu ciel, un pantalon vert. Il savait qu’il était très stressé quand il ne trouvait pas le meurtrier, alors, il avait apporté sa panoplie d’enquêteur : loupe, lampe de poche, armes de secours, appareils photos, sachets, pinces, gants, menottes, badge, gilet pare-balles, brassard, tout cela était dans son coffre de voiture.
Il roulait traversant des chemins bordés de fleurs. Les chevaux broutaient l'herbe des prés ensoleillés. De temps en temps des nuages couvraient le soleil. Il faisait doux. Le printemps fleurissait les arbres, les prairies et les jardins.
S’il venait, c’était parce que, la veille en fin d’après-midi, Jennifer l’avait appelé parce qu'elle avait l'impression qu'on la surveillait. Hector était un client du centre, il venait faire du cheval chaque fois qu’il était dans sa maison de vacances. Elle savait qu’il était enquêteur.
Il avait essayé de la rassurer, il croyait qu'elle se faisait des idées, mais chaque jour elle avait de plus en plus peur.
2
Le cadavre dans le fumier
Le lendemain, à 8 Heures, Hector se dit qu’il était maintenant l’heure d’aller voir Jennifer.
Aussitôt dit, aussitôt fait !
Cette matinée était calme et ensoleillée. Il y avait dans la cour des fleurs : du muguet, des tulipes, des violettes. Cela sentait bon !
Derrière la maison se trouvait un grand jardin avec une piscine creusée. Plus loin, un cheval broutait gentiment. Jennifer possédait un chat qui se chamaillait avec le chien.
Au fond du jardin, on voyait une immense balançoire dorée avec un toboggan qui descendait dans la piscine. A l’entrée du jardin, une porte donnait sur un magnifique jacuzzi et un immense bassin où nageaient des poissons multicolores.
Plus loin, sur le chemin, en arrivant au centre équestre, on trouvait à gauche les huit boxes décorés par des trophées et des médailles. A droite de ceux-ci, on voyait deux carrières et un manège. En face, il y avait quatre prés, où des poneys se promenaient. Un salarié s’occupait des poneys, un autre nourrissait les chevaux, un troisième nettoyait les boxes.
Hector se gara et trouva des traces de pneus, il rentra dans la grange et vit la victime. Il la trouva morte et entendit des hennissements dans la grange. Il sursauta et retint un cri !
La pièce était humide et peu éclairée, le toit était fissuré et le plancher était mouillé, troué et moisi. Les rats se faufilaient entre les trous du plancher. Ils avaient même commencé à manger le corps. La victime était couchée sur le dos, la tête enfoncée dans le fumier
Il alluma sa torche et la dirigea sur ce tas de fumier, et là, il regarda attentivement le poignard avec des empreintes laissées par le tueur.
Pendant près d’une demi-heure, Hector examina le corps et chercha des indices : il vit que la victime avait un domino près
d’elle et aussi une lentille sur la tête. Il regarda la victime avec sa loupe et vit des empreintes digitales.
Dehors, Hector Poulana trouva des traces de pneus qui conduisaient devant la grange. Il était soulagé de voir que l’assassin avait laissé des indices.
3
L’enquête commence
Hector Poulana avait trouvé du sang et une lentille, mais il n’étaient pas sûr que la lentille soit à Jennifer Ramirez.
Il vérifia : il n’y avait pas de lentille sur un de ses yeux.
Il pensa que l’assassin était un homme, qu'il était intelligent, fort mais violent. Il devait agir très vite avant que celui-ci parte dans une autre ville, un autre pays ou un autre continent. Il avait de la peine pour Jennifer, de la colère parce qu'il avait envie de coincer l'assassin.
C’était un enquêteur privé, il ne voulait pas que la police le dérange dans son travail. Il préférait s’en occuper lui-même, parce qu’il était devenu ami avec Jennifer. Mais, s’il n’y arrivait pas en 24 heures, il appellerait la police.
Il questionna Alexia qui prenait la place de Jennifer en son absence pour savoir quelles personnes étaient venues le 20 mai. Elle lui donna des dizaines de noms. Ça ne l’avançait pas dans son enquête.
Hector pensa qu’un enfant ne pouvait pas avoir eu la force de poignarder quelqu’un. Il décida de ne pas interroger ceux qui étaient là la veille. Beaucoup d’adultes avaient un alibi : toute leur famille était avec eux.
Hector décida que les interrogatoires se dérouleraient dans le salon du centre équestre… Ce salon était vaste et bien décoré : un écran plasma qui faisait un mètre quatre vingt avec une table basse, des pots de fleurs, un canapé à cinq places avec deux fauteuils, et, vers la table basse, un grand aquarium avec des tortues d’eau.
Sur la table basse, vers l’aquarium, il y avait une machine à café, avec des tasses en porcelaine dorée. Un tableau de Picasso représentant des chevaux tenait toute la longueur du mur. Sur une étagère se trouvaient tous les trophées gagnés par le centre équestre.
4
L’interrogatoire d’Alexia
A 9 h 45, Hector commença donc les interrogatoires par Alexia Ducaillou, car il savait qu’elle avait dormi au centre équestre.
Cette jeune femme, âgée de 23 ans était sympathique, elle était rigolote, intelligente. Elle était monitrice, et travaillait au centre équestre, où elle aidait les petits à monter à cheval. Elle avait deux petites filles qui s’appelaient Zoé et Amandine. Ce jour-là, comme toujours, elle portait un pantalon d’équitation.
Elle tournait en rond et marchait vite. Elle était stressée, elle se rongeait les ongles. Elle avait les yeux mi-clos et marron. Elle était un peu fatiguée.
Elle était mince et avait les cheveux jusqu’aux épaules et frisés. Elle avait les yeux mi-clos.
Elle se faisait du souci car elle ne savait pas comment payer son loyer.
Hector – Où étiez-vous à l’heure du crime ?
Alexia – Je dormais dans la maison de Jennifer, dans la chambre d’amis.
Hector – Avez-vous entendu quelque chose ?
Alexia – Non, je n’ai rien entendu.
Hector – Jennifer Ramirez avait-elle des ennemis ?
Alexia – Je ne sais pas.
Hector – Que faites-vous la plupart du temps ?
Alexia – Je m’occupe de mes enfants et donne des cours d’équitation.
Hector – Voyez-vous souvent Jennifer ?
Alexia – Oui, presque tous les jours.
5
Une journée fatigante
Alexia raconta comment s’était déroulée la journée de la veille.
Ce mercredi au centre équestre, il faisait très beau et de temps en temps le vent se levait. Mais en ce jour, il y avait beaucoup de monde car beaucoup avaient pris des congés. Garçons et filles se promenaient sur les poneys et les parents se reposaient en regardant leurs enfants qui s’amusaient et riaient.
Jennifer avait mis de la paille dans les boxes, donné des cours aux adultes, et ensuite, elle avait promené Lutin, puis était rentrée car le boulanger venait apporter du pain sec pour les chevaux ; le livreur de granulés vint à quatorze heures, puis des acheteurs arrivèrent pour voir des juments.
Tous les palefreniers avaient nettoyé les boxes. Jennifer avait vu que Lutin avait un tour de rein, alors elle avait appelé l’ostéopathe et le vétérinaire pour vacciner les chevaux.
Ce poney qu’elle avait depuis toute petite s’appelait Lutin, et elle lui disait : « mon petit Lutin chéri ».
C’était un petit poney couleur café au lait. Il avait deux balzanes et une liste sur la tête, sa crinière blonde bougeait dans le vent avec le toupet qui faisait des boucles et il était très gentil. Son origine était espagnole. Il avait des yeux bleus et était de sexe masculin.
Alexia expliqua ensuite que Jennifer était stressée parce qu’elle avait peur que quelqu’un rentre dans sa maison. Depuis quelques jours, elle voyait des ombres et cela lui donnait la frousse. Le matin, de bonne heure, elle est allée voir un médium très réputé à Chambost-Longessaigne, et ce médium lui avait dit :
« Ce soir, il va t’arriver quelque chose ! A toi de voir ! »
Et en plus, son horoscope lui prédisait un malheur !
A vingt et une heures, Jennifer avait dit au-revoir à son mari qui partait pour les constatations du cambriolage. En effet, on avait cambriolé son appartement de Lyon, on avait ouvert le coffre et volé l’argent.
Jennifer voulait l’accompagner, mais son mari qui était autoritaire et voulait toujours faire le chef lui avait ordonné de rester au centre.
Il était parti en fermant la porte de la maison.
A vingt et une heures trente, les deux femmes étaient à l’écurie car une jument venait de faire un poulain, mais soudain, elles virent la même personne que Jennifer avait vue dans l’obscurité. Celle-ci commença à trembler…
Alexia se rendit dans la chambre d’amis, et fatiguée par cette rude journée, s’endormit aussitôt.
6
Des questions à Nathalie
Ensuite, Hector voulut interroger cette personne qui avait dormi dans une camionnette, près de l’entrée. Il était dix heures quinze.
La jeune femme marchait nerveusement. Elle allait à sa voiture. Elle était habillée avec un débardeur rouge et blanc, une jupe blanche, des chaussures noires à talons.
Elle était maquillée avec du fond de teint beige du mascara et du gloss.
La veille, elle était sortie de l’autoroute à Feurs, s’était dirigée vers le domaine de son amie. Il était vingt-deux heures et la nuit était noire !
Elle venait à Panissières pour prendre de la paille pour son magasin. Elle avait écrit à Jennifer puis elle était venue. La maison était toute éteinte, alors, elle préféra ne pas frapper. Comme prévu, elle avait dormi dans sa camionnette.
Quand elle vit qu’Hector voulait l’interroger, elle se demanda pourquoi, mais l’enquêteur lui raconta le crime horrible…
Hector – Qui êtes-vous ?
Nathalie – Je m’appelle Nathalie Vigiles, je suis fleuriste à Paris.
Hector – Connaissiez-vous la victime ?
Nathalie – Oui, je la connais, c’est une copine d’enfance.
Hector – Où étiez-vous à l’heure du crime ?
Nathalie – Dans la camionnette garée vers l’entrée de l’élevage de Jennifer.
Hector – Avez-vous entendu quelque chose ?
Nathalie – J’ai entendu des bruits bizarres. On aurait dit une voiture qui démarrait vite, comme dans un rallye.
Hector – Jennifer Ramirez avait-elle des ennemis ?
Nathalie – Pas que je sache, à part Guillaume, mais cela date du lycée…
Hector – Avez-vous perdu quelque chose ?
Nathalie – Non je n’ai rien perdu.
Hector – Avez-vous des problèmes de vue ?
Nathalie – Non. Je n’ai pas de problèmes de vue.
Hector – Avez-vous des dominos ?
Nathalie – Non, car je n’aime pas les dominos.
Hector – Avez-vous une arme ?
Nathalie – Non car je n’aime pas les armes, c’est trop violent.
Hector – Est-ce que Jennifer vous a fait de la peine ?
Nathalie – Non, elle était très gentille avec moi.
7
René est-il suspect ?
Après l’interrogatoire de Nathalie, Hector sortit pour fumer une cigarette.
A dix heures trente, un 4x4 s’approcha, conduit par une homme roux et frisé d’origine africaine. Que venait-il faire ici ? Hector était intrigué parce que les traces qui partaient de la grange où on avait trouvé Jennifer étaient aussi des traces de 4x4…
Comme il descendait de voiture et s’apprêtait à sonner à la porte, Hector lui demanda s’il voulait bien répondre à quelques questions.
« Bonjour, monsieur, je suis obligé de vous apprendre qu’il y a eu un crime. Madame Ramirez, directrice du centre équestre a été tuée aux environs de minuit. »
L’homme paraissait d’un naturel angoissé, et on pouvait facilement le reconnaître à sa démarche : il boitait ! Il avait un tatouage de dragon sur le bras gauche.
Hector – Qui êtes-vous ?
René – Je m’appelle René Palmier.
Hector – Connaissiez-vous la victime ?
René – Oui, je la connais, je suis allé au lycée avec elle, mais je ne la vois pas souvent.
Hector – Où étiez-vous à l’heure du crime ?
René – J’étais à l’hôtel et je mangeais un saucisson chaud qui n’était d’ailleurs pas terrible. Il sentait le fromage pourri.
Hector – Avez-vous entendu quelque chose ?
René – Non, je n’ai rien entendu.
Hector – Jennifer Ramirez avait-elle des ennemis ?
René – Aujourd’hui, je n’en sais rien, mais au lycée elle était agressive avec un garçon, Guillaume Maldoy. Ça avait commencé avec une bagarre de sarbacanes, jusqu’au moment où il lui a cassé la jambe…
Hector – Où habitez-vous ?
René – J’habite à Nantes, 34 avenue Bidon.
Hector – Que faites-vous comme métier ?
René – Je suis ingénieur dans une centrale nucléaire.
Hector – Que faites-vous à Panissières ?
René – Je regarde s’il y a quelque chose de nouveau pour produire de l’électricité.
René expliqua qu’il venait à Panissières pour voir s’il pourrait découvrir d’autres sources d’énergie. Il voulait étudier les capacités du fumier à fournir de l’électricité.
Son patron avait pris cette décision. L’entreprise lui payait le train, le taxi, et le logement. Hier, en arrivant, à vingt heures, il était allé réserver une chambre à l’hôtel « Fantastique ».
8
Robert est interrogé
Hector venait de découvrir que les traces de pneus n’étaient pas celles du 4x4 de René. Il lui avait suffi pour cela de photographier les deux traces et de les comparer.
Si ce n’était pas lui, qui était-ce ?
L’enquêteur marchait dans la campagne en réfléchissant à cette sombre affaire ! Soudain, il vit des traces de pneus qui ressemblaient à celles qui étaient vers la grange. Il demanda au propriétaire qui faisait la sieste sur la banquette arrière de son véhicule, de répondre à quelques questions.
L’homme réveillé en sursaut, accepta sans réfléchir.
Hector – Qui êtes-vous ?
Guillaume – Je m’appelle Robert Martin, je travaille dans une boulangerie-pâtisserie à Panissières.
Hector – Il y a eu un crime au centre équestre. Madame Ramirez est morte vers minuit et c’est moi qui mène l’enquête.
Connaissiez-vous la victime ?
Guillaume – Je n’en ai jamais entendu parler.
Hector – Où étiez-vous à l’heure du crime ?
Guillaume – J’étais en train de préparer de la pâte à pain.
Hector – Avez-vous entendu quelque chose ?
Guillaume – Non, juste un chien qui passait par là.
Hector – Jennifer Ramirez avait-elle des ennemis ?
Guillaume – Je ne sais pas, je ne la connais même pas !
Hector – Portez-vous des lunettes ?
Guillaume – Non.
Hector – Avez-vous des lentilles ?
Guillaume – Non.
Hector – Vous habitez Panissières. Etes-vous sûr de ne pas connaître Jennifer Ramirez ?
Guillaume – Oui, j’en suis sûr.
Hector – Avez-vous des dominos ?
Guillaume – Non.
Hector sortit de sa poche la photo des traces de pneus trouvés devant la grange. C’était bien celles du 4x4 de cet homme !
Hector – Les traces de pneus correspondent à celle de votre 4x4. pouvez-vous expliquer cela ?
Guillaume – Non, ce n’est pas possible.
9
La fausse identité
Hector qui avait maintenant des soupçons demanda à Robert Martin de le suivre au centre équestre. Celui-ci accepta, mais on sentait qu’il n’était pas très content.
Pour savoir si le boulanger avait perdu une lentille, il lui demanda de lire un texte sur une page, un extrait de roman policier. Il dit :
« Je ne peux pas lire, j’ai oublié mes lentilles. »
Hector avait donc un deuxième indice. Se pourrait-il qu’il soit en train de coincer le coupable ? Une telle trouvaille méritait bien une petite cigarette ! Il descendit dans la cour.
Peu après, le vrai Robert Martin vint apporter du pain au centre équestre. Hector lui demanda :
« Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?
- Je m’appelle Robert Martin, j’habite à Panissières, je suis pâtissier et je viens apporter du pain sec pour les chevaux comme toutes les semaines. »
 
Hector se retrouvait avec deux Robert Martin. Il ne savait plus quoi faire, ni qui était le vrai !
De leur côté, Nathalie et René se promenaient dehors, et l’ingénieur raconta à la jeune femme quelque chose de très bizarre qui lui était arrivé la veille à l’hôtel.
René sortait de sa chambre. Il avançait dans le couloir pour sortir. Un homme était en train de fermer sa porte. Il se retourna et René crut reconnaître son ancien camarade, Guillaume Maldoy.
« Bonjour, excusez-moi. Etes-vous Guillaume Maldoy ?
- Non, vous vous trompez. Vous devez me prendre pour quelqu’un d’autre. »
 
Et l’homme était sortit nerveusement.
Ils réfléchissaient à cette énigme et aussi au crime, quand ils entendirent des cris qui venaient du salon de Jennifer.
Ils coururent voir ce qui se passait. Ils virent deux hommes en train de se taper dessus. L’un d’eux avait dans la main une
perruque blonde. L’autre ressemblait à quelqu’un que Nathalie et René connaissaient bien, mais ils ne voyaient pas très bien qui cela pouvait être. Petit à petit, ils reconnurent Guillaume.
Alors, Guillaume, car c’était bien lui, avoua tout.
10
Le crime
Mais, revenons en arrière…
En ce 10 mai 2007, il faisait beau et chaud pour la saison.
Guillaume était content : il allait enfin pouvoir se venger !
Il avait retrouvé l’adresse de Jennifer sur Internet. Pendant qu’il était en prison, Jennifer avait déménagé. Elle avait vendu son centre équestre de la région Parisienne et en avait acheté un à Panissières. Il faut dire qu’elle ne devait pas avoir la conscience tranquille. En effet, Guillaume lui avait emprunté deux chevaux pour le tournage d’un film, dans lequel il devait avoir enfin un rôle important, et il ne les lui avait pas rendus. Ce n’était pas bien malin de sa part, mais il était à court d’argent, et il avait décidé de les vendre… Jennifer avait appelé la police pour le dénoncer, mais cette méchante avait prétendu qu’il avait pris cinq chevaux et qu’il avait dû en tuer trois.
C’était à cause d’elle que l’acteur était allé en prison.
Il avait donc décidé de partir pour Panissières. Il y a une vingtaine d’années, tous les deux étaient dans le même lycée, et Jennifer l’embêtait. D’ailleurs ce n’était pas la seule à l’embêter, il y avait Nathalie Vigiles qui était méchante avec lui. Mais Guillaume avait perdu sa trace depuis qu’elle était devenue fleuriste.
Au lycée, il avait tout de même un ami, c’était René Palmier. Ils se voyaient rarement mais toujours avec plaisir. René était maintenant ingénieur dans une centrale nucléaire à Nantes.
11
Reconstitution
Guillaume Maldoy était donc en train de préparer un mauvais coup.
Quand il réfléchissait, il marchait vite. Il était barbu, il avait les yeux marron, les oreilles collées, un gros nez, de grosses lèvres, des cheveux blonds. Il était tout petit.
Il n’aimait pas qu’on le prenne en photo, parce que, comme c’était un mauvais acteur, il gagnait sa vie en faisant des cambriolages et avait peur d’être démasqué.
Six jours plus tard, dans le 9° arrondissement de Lyon, Guillaume monta avec une corde au balcon de l’appartement de Jennifer, il cassa un carreau et ouvrit, puis entra.
Guillaume avait déjà cambriolé des millionnaires et tout leur argent était caché derrière des tableaux. Alors, il pensait que Jennifer avait procédé de la même manière, elle aussi. Il y avait de nombreuses peintures représentant des chevaux et des poneys. Il reconnut bien le caractère de son ancienne amie. Au bout du quatrième tableau qu’il souleva, il vit le coffre-fort, puis il trouva la clef sous l’oreiller de la jeune femme et emporta l’argent.
Le 17 mai au soir, dans le centre équestre de Panissières, à l’écurie, Jennifer était en train de brosser Lutin et une ombre apparut, puis disparut. Ce manège se répéta plusieurs fois, puis s’arrêta.
Le lendemain, à la même heure, Jennifer recommença à brosser Lutin, et elle revit l’ombre. Cela commençait à lui faire peur.
Le surlendemain, pour avoir moins peur, elle demanda à la monitrice, Alexia Ducaillou, de venir dormir dans la grande maison. En effet, son mari devait aller à Lyon pour les constatations après le cambriolage. Les policiers l’avaient convoqué.
Avec Alexia, elle aurait moins peur.
Jennifer, quant à elle, alla caresser son poney, c’est toujours ce qu’elle faisait quand elle était stressée.
Elle avait un jean blanc, un pull noir, des grandes bottes marron, une veste noire brillante, elle avait des taches de rousseur et de longues boucles d’oreille qui allaient bien avec ses joues roses.
Elle fronçait les sourcils et descendait nerveusement les escaliers.
Soudain (il était vingt et une heures quarante sept), les lumières s’éteignirent. Jennifer s’inquiéta… Elle paniqua, puis essaya de rallumer le compteur, mais rien !
Jennifer avait très peur et envie de se cacher. Elle alla donc dans son lit vers vingt-trois heures. Mais elle n’arriva pas à s’endormir. Elle alla chercher un verre d’eau avec du sucre et s’endormit enfin.
Dans ses rêves, elle revit tout ce qui s’était passé.
Une heure et trois minutes plus tard, un hennissement l’éveilla en sursaut, puis elle alla à l’étable et là, plus rien, juste le bruit de la jument qui hennit.
Il était minuit et six minutes, et Guillaume avait trouvé Jennifer ! Elle se défendit mais l’homme évita le coup. Là, la jument était affolée, elle donnait des coups de sabots. Jennifer essaya de s’enfuir, mais Guillaume la rattrapa. Jennifer se débattit, elle le griffa, lui donna des coups de poing. Mais il la tua de son petit poignard aiguisé, puis laissa une arme identique dans son dos avec de fausses empreintes et partit. L’assassin laissa des indices, il trébucha et tomba sur la victime.
A minuit trente-sept, le meurtrier s’échappa. Il laissa un domino et s’enfuit, mais en prenant sa voiture, il laissa des traces de pneus et continua son chemin.
12
Les aveux
Hector, qui voulait comprendre comment le crime s’était déroulé, lui posa encore quelques questions.
Hector – Qu’avez-vous fait après le meurtre ?
Guillaume – Je suis allé à l’hôtel Fantastique et je me suis déguisé.
Effectivement, il disait qu’il s’appelait Robert, qu’il était pâtissier, qu’il habitait une petite maison à côté de la pâtisserie de Panissières. Il portait une perruque avec des cheveux longs, et s’était fait un maquillage pour paraître plus jeune. Il était habillé comme les danseurs de tectonic.
Mais maintenant qu’il avait perdu cette perruque, il était ridicule !
Hector – Pourquoi êtes-vous resté à Panissières ?
Guillaume – C’était une ruse. D’habitude, tous les criminels s’enfuient. J’ai pensé que si je restais dans les parages, je ne serais pas soupçonné.
Guillaume – Je me suis rendu compte que les empreintes qui étaient sur le poignard étaient celles de la victime elle-même. Comment cela se peut-il ?
Hector – J’avais acheté deux poignards identiques, j’ai tué Jennifer avec l’un, puis je l’ai remplacé par celui qui portait ses empreintes.
Hector – Jennifer m’avait appelé pour me dire qu’elle voyait une ombre dans l’écurie. Cela avait-il un rapport avec vous ?
Guillaume – Oui, plusieurs soirs de suite, je me suis caché dans l’écurie pour repérer les habitudes de Jennifer. J’ai aussi caché le poignard au milieu des brosses pour qu’elle y mette ses empreintes.
Hector – Et ce domino, pourquoi l’avoir posé près du corps ?
Guillaume – J’ai pensé qu’on imaginerait que c’était la signature d’un serial-killer, et que cela entraînerait les recherches ailleurs…
L’interrogatoire avait duré toute la nuit. Au matin, Hector appela la police. Mais l’assassin donna un grand coup de pied dans la vitre qui vola en éclats. D’un bond, il fut dehors !
L’enquêteur se mit à sa poursuite et le coinça, alors Guillaume qui n’avait plus rien à perdre, tenta de le tuer…
Comme l’autre résistait, le meurtrier s’enfuit en passant au-dessus d’un mur, mais de l’autre côté les policiers l’attrapèrent et l’emprisonnèrent.
Le lendemain, toute la police était là. Il y avait des fils de sécurité partout.
 
 
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